AccueilL'art en relief« Opéra Norma » : les coulisses d’un amour impossible

« Opéra Norma » : les coulisses d’un amour impossible

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À l’initiative de l’Opéra de Trois-Rivières, la communauté trifluvienne a plongé dans l’univers mystique de Norma, une classique célébrant l’héritage des druides et des Gaulois. Porté par une nuée d’artistes lyriques régionaux et internationaux dont Natalia Lemercier, Ismaël Billy et Valérie Poisson, cette tragédie lyrique créée en 1831 par le compositeur italien Vincenzo Bellini, a fait le bonheur du public sélect qui a fait le déplacement.

Par Opéra de Trois-Rivières*

Norma, raconte l’histoire d’un amour dissimulé entre une grande prêtresse gauloise au temple d’Irminsul avec le proconsul romain Pollione à un moment où leurs pays sont plutôt à couteaux tirés. De cette liaison insoupçonnée naîtront deux enfants. Mais l’histoire devient plus compliquée quand Norma est abandonnée par le père secret de ses progénitures au profit d’une jeune novice, Adalgisa, et qu’il veut l’emmener à Rome. Norma se sent doublement trahie. Elle voit non seulement son amoureux désirer une autre plus jeune qu’elle, mais le sacrifice qu’elle avait consenti de rompre ses vœux de chasteté pour devenir mère a perdu de son sens. Norma décide de redonner courage à son peuple pour se défendre contre les romains. Un sacrifice inusité s’en suivra.

L’adaptation de cette œuvre magistrale a résonné dans l’enceinte de la cathédrale de Trois-Rivières. Cette interprétation a mis en lumière une profonde connexion avec les éléments et les traditions anciennes, portée par des costumes faits à la main à partir de matières recyclées et sans plastique, ainsi qu’une mise en scène immersive faisant dialoguer les sons d’instruments évoquant la musique ancienne, l’espace et la lumière. Le temps d’une soirée, la majesté de la cathédrale a été habitée par les voix et les échos du passé. Les costumes d’époques ont particulièrement évoqué les temps anciens dans une expérience lyrique envoûtante, sensorielle et intime.

Parmi eux, la soprano berlinoise Natalia Lemercier a captivé l’auditoire par un legato d’une douceur flottante, fidèle aux plus pures traditions belcantistes, ainsi que par des expressions émotives d’une grande justesse. Le ténor français Ismaël Billy, doté d’un timbre noble, a livré une performance avec une belle force vocale et un contre-ut impressionnant, dans un air qui lui convenait à merveille. Le public a vraiment apprécié la prestation du baryton Christopher Pitre-McBride. Son timbre vocal s’harmonise tellement bien avec le chœur d’hommes. Le Chœur d’hommes de Trois-Rivières a impressionné par sa solide projection, tandis que le chœur de l’opéra a enrichi l’ensemble scénique par son expressivité sincère. Une danseuse est venue incarner la guerre à travers une chorégraphie dramatique, armée d’un gigantesque sabre, ajoutant une dimension corporelle aux tensions de l’œuvre.

Un des moments les plus forts fut sans doute la procession aux chandelles de Norma et des druides, plongeant la cathédrale dans une atmosphère spirituelle et solennelle.

Les projections lumineuses signées Marc Garceau et Étienne Bourque ont traduit visuellement les émotions de l’œuvre, culminant dans un final rouge intense symbolisant le destin tragique de Norma. Les costumes faits à la main, conçus à partir de matériaux recyclés et inspirés de l’esthétique gauloise, ont renforcé l’identité artisanale, écologique et locale de la production.

Valérie Poisson, avec sa voix puissante, a quant à elle, incarné Norma avec l’ampleur vocale que ce rôle exige, rendant ainsi un vibrant hommage à ce personnage mythique. Fondatrice de l’organisme Opéra de Trois-Rivières, Valérie n’a pas caché sa satisfaction après ce spectacle magistral.

« Je suis très contente d’avoir fait partie de ce beau projet. Avec des artistes exceptionnels, une communauté formidable, l’interprétation de ce chef-d’œuvre romantique a été un succès »,

s’est réjoui la chanteuse, qui dit être reconnaissante à l’égard de tous ceux qui ont contribué à la réussite de cet événement.

Sa reconnaissance, elle la témoigne encore plus envers l’entreprise Courtage CRH de Trois-Rivières, principal bailleur de fonds de l’organisme Opéra Trois-Rivières. « Dès le début de notre aventure, l’entreprise Courtage CRH a toujours été là pour nous. C’est en grande partie grâce à ce partenaire, que nous devons nos principales réalisations », a reconnu Valérie.

Elle était heureuse comme un poisson dans l’eau quand le président de cette compagnie, Monsieur Rosaire Hébert, a réitéré la volonté et l’engagement de son équipe de continuer à financer les projets et les activités de l’organisme Opéra Trois-Rivières. « Nous apprécions énormément le beau travail que Valérie et son équipe sont en train d’accomplir dans le secteur artistique à Trois-Rivières. Nous allons continuer à lui apporter tout notre soutien », a garanti M. Hébert.

Pour rendre l’opéra accessible à tous, une narration en français venait ponctuer le texte italien original, transformant l’expérience en un véritable conte lyrique vivant. Cette soirée a illustré avec éclat l’engagement de l’Opéra de Trois-Rivières à rapprocher la lyrique de la communauté, dans un esprit d’inclusion et de valorisation du patrimoine.

*Publication de Opera Trois-Rivières 

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