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    Garbens Jean ou l’art de stimuler l’engagement

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    Il y a des parcours qui se lisent comme une succession d’expériences. Et puis il y a ceux, plus rares, qui révèlent une ligne directrice, presque une discipline intérieure. Celui de Garbens Jean appartient à cette seconde catégorie.

    Par Marc Emmanuel Dorcin

    Photo offerte par Garbens Jean
    Garbens Jean

    Rien, chez lui, ne semble laissé au hasard. Ni les choix de formation, ni les engagements, ni même les silences entre deux réalisations. Tout converge vers une même exigence : comprendre, structurer et faire progresser.

    Formé en relations internationales au niveau de la maîtrise avant son arrivée au Canada, il s’inscrit d’abord dans une lecture globale des dynamiques humaines et institutionnelles. Mais c’est au Québec que son parcours prend une densité particulière. Face aux réalités concrètes du terrain, il opère un repositionnement lucide, presque stratégique, en intégrant l’École nationale d’administration publique (ENAP) à Montréal. Il y complète une maîtrise en administration publique, avec une spécialisation en analyse et développement des organisations.

    Ce passage marque un tournant. L’engagement, chez lui, quitte définitivement le registre de l’intention pour entrer dans celui de la méthode. Planification stratégique, gouvernance, développement organisationnel : autant d’outils qu’il affine et mobilise avec rigueur. Son expérience, tant en gestion de projets qu’en développement communautaire, s’inscrit dans cette logique d’efficacité durable. Au Centre des jeunes l’Escale, notamment, il contribue à renforcer les structures internes, laissant derrière lui des outils et des cadres qui prolongent l’action bien au-delà de sa présence.

    En 2015, deux initiatives viennent donner une forme concrète à sa vision. Il fonde d’abord Kaizen Consultation, un cabinet-conseil dédié à l’accompagnement des organisations dans leur croissance et leur structuration. Puis, dans un geste tout aussi structurant, il crée Mon Nouveau Bercail, un organisme de bienfaisance né d’un constat simple : derrière chaque parcours migratoire se cache un besoin d’ancrage, souvent sous-estimé.

    Ces deux projets, bien que distincts, dialoguent en permanence. Ils traduisent une même lecture du réel : les transformations durables reposent autant sur des systèmes solides que sur une attention sincère aux individus.

    L’empreinte de Garbens Jean dépasse largement ses propres initiatives. On le retrouve dans des espaces où se jouent des enjeux de représentation et d’équité. Il coordonne, pour le Québec, le programme 1834 Fellowship, porté par Opération Black Vote Canada, visant à accroître la présence des personnes noires dans les sphères décisionnelles. Il contribue également à l’Initiative Appuyer les Communautés noires du Canada, en collaboration avec le Groupe 3737, à titre de membre du comité consultatif et de consultant.

    Son parcours l’amène à siéger sur plusieurs conseils d’administration, dont celui de la Jeune Chambre de Commerce Haïtienne (JCCH), où il intervient avec la même constance : structurer, orienter, faire évoluer.

    Les distinctions qu’il reçoit finaliste au concours ALPHA en 2017, ambassadeur du Groupe des Trente de Concertation Montréal en 2021, Prix N.É.V.A 2024, Nos Étoiles Venues d’Ailleurs de l’organisme immiGrand viennent ponctuer un parcours déjà dense, sans jamais en constituer l’objectif.

    Car ce qui distingue Garbens Jean ne tient pas uniquement à ce qu’il accomplit, mais à la manière dont il le fait. Une pensée posée, une exécution rigoureuse, et cette capacité à rassembler sans jamais s’imposer.

    À une époque où l’engagement se mesure souvent à sa visibilité, il rappelle, par sa trajectoire, une évidence plus discrète : les transformations les plus profondes sont celles qui se construisent avec patience, méthode et conviction.

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