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    Des mots pour briser le silence

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    À sa quatrième année d’existence, le concours littéraire Ma plume contre le racisme et le profilage racial persévère et prend de l’ampleur.

    Par Marie-Carole Daigle

    Créé dans Lanaudière, Ma Plume contre le racisme et le profilage racial connaît une croissance soutenue. Le projet est né d’une conviction simple, mais puissante : les jeunes ont des choses importantes à dire sur le racisme, et la littérature est un espace privilégié pour s’exprimer. « Ce que nous n’avions pas pleinement anticipé, c’est la force de l’écho que ce projet allait susciter », fait remarquer Pierre Richard Thomas, fondateur et directeur général de Lakay, l’OSBL repentignois derrière l’initiative. À sa quatrième édition, le concours proposé aux élèves du secondaire a été adopté par 42 écoles.

    En 2026, la remise d’écrits par 160 jeunes prouve que le rendez-vous proposé en collaboration avec l’Observatoire des profilages répond à un besoin réel. « Ce qui rend Ma Plume unique, c’est précisément ce lien entre littérature et lutte contre le racisme deux univers que l’on associe rarement, mais qui se révèlent profondément complémentaires. Écrire, c’est résister. Et cette résistance, de plus en plus de jeunes veulent s’en emparer », assure M. Thomas.

    Très rapidement après sa création en 2023, le concours a suscité l’intérêt d’écoles d’autres régions, ce qui a permis d’ouvrir le dialogue au-delà de Lanaudière en l’élargissant dès l’an dernier à la grande région de Montréal. Et la dynamique s’amplifie : « Non seulement des établissements de partout au Québec souhaitent participer, mais nous recevons des demandes d’ateliers sur le racisme et le profilage racial de la part d’enseignantes et d’enseignants qui veulent outiller leurs élèves, ajoute le défenseur des droits des communautés noires. L’intérêt dépasse même nos frontières provinciales, car des gens d’autres provinces canadiennes nous ont contactés. »

    Les jeunes, l’espoir de demain

    Cette année, le thème Nos voix face au silence invitait les jeunes à dénoncer les injustices et à imaginer des solutions pour que l’on en arrive à un monde plus juste et inclusif. Qu’est-ce qui a émergé à travers la poésie, les slams et autres textes soumis ?

    « Ce qui frappe en premier, c’est leur profonde authenticité, constate le DG de Lakay. Les élèves n’écrivent pas sur le racisme de manière abstraite ou théorique –ils le font à partir de leur vécu : micro-agressions, regards, mots qui blessent, interactions avec la police. Et leurs textes vont au-delà de leur propre expérience : beaucoup évoquent aussi ce que vivent leurs parents. Bref, on retrouve à la fois la dénonciation d’injustices et une forme d’espoir. Un espoir lucide, pas naïf, celui de jeunes qui croient encore qu’une société sans racisme est possible et qui choisissent d’écrire plutôt que de se taire. »

    Faire vivre ces voix au-delà du concours

    Les organisateurs ont également lancé il y a quelques semaines à peine le recueil intitulé Ma plume contre le racisme, qui réunit les textes primés des années précédentes. Ils souhaitent le rendre accessible dans le plus grand nombre possible de bibliothèques.

    « Nous voulons faire de ce livre un véritable outil de sensibilisation et de mobilisation, poursuit le dirigeant d’organisme qui se met vent debout contre toutes les formes de racisme. Il sera transmis aux autorités des différents paliers de gouvernement municipal, provincial et fédéral pour leur rappeler, par la voix même des jeunes, que le racisme et le profilage racial sont des réalités concrètes qui méritent des réponses politiques concrètes. Parfois, un texte d’élève dit ce que des rapports institutionnels ne parviennent pas à transmettre : l’humain derrière les statistiques. Le recueil sera aussi distribué aux bibliothèques de partout au Québec et intégré directement à nos ateliers en milieu scolaire. »

    Quatre ans après sa création dans Lanaudière, Ma plume contre le racisme démontre surtout une chose : lorsqu’on leur en donne l’espace, les jeunes ont beaucoup à dire et plusieurs sont prêts à faire entendre leur voix.  

    Appel à tous

    Pour publier davantage d’exemplaires et étendre la diffusion du recueil Ma plume contre le racisme à la hauteur de ses ambitions, Lakay a besoin de financement. « Nous lançons un appel aux partenaires, aux institutions et à tous ceux qui croient, comme nous, que la littérature peut être un vecteur de changement social. Soutenir ce livre, c’est soutenir la parole des jeunes et c’est investir dans une société plus juste », dit Pierre-Richard Thomas.

    Lakaymedia.org: facebook.com/lakayrepentigny

     

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