Alors que le drapeau haïtien est célébré en Haïti le 18 mai de chaque année, la communauté haïtienne à Trois-Rivières, en Mauricie, n’a pas chômé.
Par Roobie Georges Saincillaire
En effet, elle a organisé dès la veille au centre communautaire Des Ormeaux une activité visant à commémorer le bicolore haïtien, symbole de liberté, de résilience et d’espérance. Cette célébration a été marquée par une conférence, une foire gastronomique, des danses traditionnelles, des défilés et par d’autres prestations artistiques et culturelles.
Un public d’origine haïtienne composé d’enfants, de jeunes, d’adultes, d’étudiants, de professionnels, de travailleurs et d’entrepreneurs a participé à cet évènement historique qui rappelle qu’Haïti est le foyer du premier peuple noir ayant aboli l’esclavage tout en portant fièrement le bleu, le blanc ou le rouge. Bien qu’ils soient loin de leur pays d’origine, la fête du drapeau est un moyen qui leur permet de se reconnecter avec leur culture et de se rappeler leur force et leur résilience.
À côté des festivités, c’était aussi un moment de réflexion sur la situation socio politique actuelle d’Haïti et sur la construction de l’identité de la diaspora haïtienne à Trois-Rivières.
« Si l’on veut transmettre notre histoire, notre culture et nos valeurs à nos enfants en étant loin de notre terre d’origine, il nous faut des opérateurs de transmission générationnelle »,
a dit le Dr Jean Fils Aimé, le conférencier du jour.
Plus loin, Nicole Philippe, une Haïtienne d’origine qui vit au Québec depuis plus de 50 ans et travailleuse sociale de carrière, a lancé un message d’espoir tout en partageant son expérience avec les participants. « Partout où l’on est, on va redonner de l’espoir à Haïti », a-t-elle clamé haut et fort.
L’événement a aussi mis en valeur de nombreux entrepreneurs haïtiens qui évoluent au Québec, notamment à Trois-Rivières, particulièrement dans le domaine de la gastronomie. Des plats et des délices comme le riz Djondjon, le fameux pate kòde, le fresco, le konparèt pour ne citer que ceux-là, ont attiré beaucoup de gourmands.
Par ailleurs, les prestations de danse folklorique par des belles dames dans leur robe Karabela ont ajouté une note de gaieté à l’ambiance. Parallèlement, le konpa était au rendez-vous. Le rythme musical était assuré par l’icône de la musique haïtienne Neymour Jean Baptiste et le public a été servi par le talentueux Robiyar Diferans, qui lui a offert de très beaux morceaux musicaux tirés de son répertoire.
À noter que cette célébration en est à sa deuxième édition dans la communauté trifluvienne. Une activité qui commence à faire son ancrage pour devenir un événement phare dans la région mauricienne.
Dans une note de remerciement adressée à la communauté haïtienne de Trois-Rivières, Evens Régis, l’un des membres du comité organisateur, a mis en exergue l’importance du vivre ensemble et son apport dans la réussite de cette journée commémorative comme le dit d’ailleurs la devise nationale: « l’union fait la force ».


