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Artistes issus de la diversité s’approprient l’espace culturel

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Festival Théâtre Communauté des Noirs : l’événement d’exception du Mois de l’histoire des Noirs au Québec

Par Walner Olivier

Hector Pierre Nazon, Coutecheve-Lavoie-Aupont et Miraklin André remettent en selle Bobomasouri de Frankétienne

Sous le signe du Mois de l’histoire des Noirs, la scène culturelle montréalaise s’est enrichie de belle façon lors de la 8e édition du Festival Théâtre Communauté des Noirs. Du 28 février au 26 mars 2026, cet événement a fait résonner le thème « Implique-toi dans ta communauté », invitant à la solidarité et à l’action collective à travers le théâtre. Une vingtaine d’activités ont ponctué ce festival : théâtre – cœur de l’événement – ateliers de création, tables rondes et prestations musicales.

Il s’agit d’une expérience culturelle hors norme dans le cadre de la célébration du Mois de l’histoire des Noirs au Québec. Si de nombreuses activités privilégient des formats traditionnels de commémoration, comme des conférences, des discours officiels ou des projections de films, ce festival attire l’attention par son originalité en faisant de la scène un espace de communion – privilégiant le dialogue interculturel – entre arts, littérature et héritages des différentes communautés afro descendantes.

À la croisée des identités, cet événement dépasse les contours des communautés noires ou métisses. Sa démarche est profondément « interculturelle » avec une dimension humaniste, au sens de Daniel Salée (2010).  « Ce projet vise à favoriser l’intégration et les échanges, ce qui se reflète dans nos collaborations avec des partenaires issus des communautés maghrébine et québécoise, a affirmé la directrice du festival lors de la cérémonie de clôture. Il s’inscrit dans une logique plus large d’ouverture, de reconnaissance, de valorisation de la diversité culturelle et le respect des droits culturels des citoyens. »

Le comédien Jean Marc Joseph, qui a prêté son souffle à cette édition, se confie sur l’événement. « Ce festival représente pour moi bien plus qu’un simple événement culturel. Il s’impose comme l’un des festivals majeurs au Québec par sa vision, son intégrité et son engagement profond envers la mise en lumière des voix issues de la diversité noire. Dans un paysage artistique où la représentation demeure un enjeu constant, ce festival crée un espace nécessaire, vivant et audacieux, où les œuvres de la communauté noire peuvent non seulement exister, mais rayonner avec fierté, authenticité et puissance », observe-t-il.

Pour Aicha Diallo, le Festival Théâtre Communauté des Noirs se singularise par son parti-pris en faveur de la diversité des expressions artistiques provenant de diverses communautés noires du Québec. Au-delà d’une simple logique de diffusion de spectacles, dit-elle en partant de l’idée de Joseph, « l’événement s’inscrit dans une démarche de médiation culturelle visant à favoriser les échanges entre différentes expériences. Les œuvres présentées constituent ainsi des espaces de visibilité pour des réalités souvent marginalisées, tandis que les artistes invités participent à l’élaboration d’une réflexion collective autour des enjeux liés à l’identité, à la mémoire, à la résilience et aux dynamiques de création contemporaine. »

Participer à ce festival, c’est aussi rejoindre une communauté d’artistes engagés, passionnés et solidaires, a expliqué Jean Marc Joseph. C’est aussi pour lui évoluer dans un environnement où l’on se sent vu, entendu et soutenu. Cette énergie collective devient une force motrice, un levier pour aller plus loin dans la création et repousser les limites de son art. « C’est une plateforme essentielle pour la reconnaissance et la valorisation des talents noirs, dit-il. Pour moi, il incarne une étape déterminante dans mon parcours, un lieu de légitimité et d’expression où mon art prend tout son sens. »

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