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    Voix De Pasaj : l’art comme vecteur d’inclusion

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    Les artistes s’installant à Trois-Rivières ont désormais un espace et des collègues qui les attendent à Voix De Pasaj. Cet organisme privilégie les arts et favorise le vivre ensemble. Sandra Baron, co-fondatrice de l’institution, fait de l’intégration son cheval de bataille – via la cocréation – dans un contexte multiculturel.

    Par Louis-Joseph Olivier

    « Atéliers bande en haut » tenus par Voix de pasaj, photo tirée du site internet de l’organisme

    Tout part d’un simple rêve bricolé sur un bout de papier au coin de sa cuisine. Plus qu’une simple réalité, le rêve de Sandra Baron s’est transformé en une communauté de plus de 60 créateurs d’origines diverses. « C’est que tout comme le sport, l’art détient ce pouvoir fédérateur d’aider l’autre à sortir de son isolement », reconnaît Sandra Baron.

     

    Fondé en octobre 2022, l’organisme entend offrir aux artistes un espace de rencontre et d’échange. Une manière de sortir ces professionnels de l’isolement, notamment ceux issus de l’immigration. 

    Sandra Baron, directrice de Voix de passage

    « Les artistes immigrants sont souvent dans une situation d’isolement, surtout en région, explique Sandra Baron. D’où la création d’une communauté où ces derniers sont mis en réseau, partagent et travaillent ensemble. »

    Voix De Pasaj compte ainsi dans ses rangs des artistes de tout âge, venus d’Afrique de l’Ouest, d’Europe, d’Amérique du Sud, des Antilles et du Québec. Ces créateurs appartenant à différentes disciplines de l’art littéraire à l’art visuel collaborent entre eux, ce qui favorise la cocréation. La responsable de Voix De Pasaj parle ainsi d’une inclusion intergénérationnelle et interculturelle, l’art jouant ici un rôle de liant social.

    « On n’a pas besoin de connaître la langue d’un peintre pour admirer sa toile. On écoute et on danse sur plein de musiques dans des langues et des rythmes qui nous sont étrangers, martèle Mme Baron. Elle confesse ainsi son engagement en faveur de l’interculturalité. Par la découverte des sensibilités artistiques, on souhaite toucher le cœur des gens et créer plus de beauté dans notre monde. Présentement, l’interculturalité est un geste de résistance. L’impact visé est de rappeler au public que l’on fait tous partie de la même humanité. »

    Les créateurs qui intègrent le réseau bénéficient également du soutien pour leur projet de création artistique, de leur émergence jusqu’à leur diffusion. Les artistes peuvent compter sur l’accompagnement de professionnels aguerris, capables de les aider à développer leur plein potentiel artistique dans un contexte d’apprentissage par les pairs. « On croit beaucoup à la transmission et au transfert de compétences, notamment par l’organisation de master class », soutient Mme Baron évoquant nommément le projet « Des racines aux feuilles ». Dans celui-ci, l’organisme travaille avec des adolescents à l’écriture et à la composition d’une chanson jusqu’à son enregistrement dans un studio professionnel, suivi par la réalisation d’un clip.

    Bien que jeune, l’institution dispose déjà d’un solide réseau et d’une d’une visibilité qu’elle partage avec ses membres. D’autant plus que Voix De Pasaj possède sa propre salle de spectacle. Une salle multifonctionnelle de cinquante places qui lui permet de produire ses propres spectacles. L’organisme de la rue Radisson peut également compter sur de précieux partenariats, comme celui avec la bibliothèque municipale.

    Le rayonnement culturel de Voix de Pasaj ne se limite pas à Trois-Rivières, loin s’en faut. En fait, son influence s’étend sur toute la Mauricie et une partie du centre du Québec. Le souhait de ses dirigeants est d’étendre son influence sur toute la province et même au-delà. Déjà, l’organisme est présent en Martinique, ce territoire français d’Outre-mer avec qui Voix De Pasaj vient de mettre sur pied un programme de résidence croisée qui va permettre à des artistes de la Mauricie d’aller créer en Martinique et vice-versa.

    « On ne promet ni la gloire, ni la fortune, mais un espace humain dans lequel ils peuvent partager des projets en cocréation »,

    ajoute Mme Baron, admettant qu’elle ne s’attendait pas à un tel succès au lancement de Voix De Pasaj.

    D’ailleurs, elle invite tous ceux qui, comme elle, ont un rêve porteur d’humanité à ne pas hésiter à se lancer. « Il ne faut pas avoir peur d’oser, dit-elle. L’audace est porteuse. Si on croit dans la pertinence d’un projet, capable de répondre à des attentes de société, l’important c’est de foncer. Je ne pensais pas que Voix De Pasaj allait être ce qu’il est devenu alors que c’est un rêve bricolé au coin de ma cuisine avec mon partenaire, le comédien Dori Solo. »

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