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    Comment les leaders culturels s’approprient-ils leur identité créole ?

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    Par Walner Olivier

    La question a été posée par trois artistes et par l’auteur d’une récente thèse doctorale sur La méthode Léwòz pour une esthétique théâtrale, dans le cadre de la sixième édition du Festithéâtrecréole.

    À la Maison du loisir et du sport de Saint-Léonard, à Montréal, a été animée, dans la soirée du 7 novembre 2024, une causerie enrichissante dans le cadre de la 6e édition du Festithéâtrecréole. Cet événement, qui célèbre la richesse et la diversité des cultures créoles, a réuni des professionnels du paysage culturel pour discuter de la thématique : « Comment les leaders culturels s’approprient-ils leur identité créole? Kijan lidè kiltirèl kreyòl yo sène idantite kreyòl la nan latizay yo? »

    Plongé dans un tourbillon d’expressions passionnées et d’idées originales, ce panel a su captiver l’attention du public présent. Composé de l’artiste pluridisciplinaire et activiste culturelle Elena Stoodley, du comédien Fabrice Y. Sénat, du peintre et auteur de bande dessinée Marven Clerveau ainsi que du Dr Gilbert Jean-Claude Joseph Laumord, comédien et metteur en scène, ce groupe a émergé en véritable voix d’un riche héritage culturel créole, lors de cette causerie animée par l’artiste Sabrina Rony, porte-parole du Festival.

    La langue de ces artistes est un vecteur clé de leur identité créole haïtienne. Fabrice Y. Sénat, comédien, affirme que cette langue pénètre tout son être. « Je suis croyant. Quand je prie, c’est en créole que je m’exprime. Lorsque j’utilise le créole, c’est comme si je parlais à ma grand-mère, comme si je m’adressais à Dieu », témoigne le diplômé du conservatoire d’Art dramatique de Montréal. « Quand je fais usage du créole dans mes pratiques artistiques », on constate « quelque chose de différent, d’authentique et de plus profond », met-il en évidence.  

    La création artistique, un acte de libération et d’identité

    « Mon travail est, avant tout, un combat politique », déclare Gilbert Jean-Claude Joseph Laumord, Ph. D, qui vient de soutenir sa thèse de doctorat en études et pratiques des arts à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). « En tant qu’artistes bénéficiant d’une plateforme significative, nous avons une responsabilité », ajoute-t-il. Selon cet acteur de théâtre, les artistes ont le pouvoir d’influencer les mentalités de manière positive. Ils peuvent dénoncer la fragilité humaine de la société à travers leurs créations. « Mon identité joue un rôle crucial dans ma démarche artistique, que je considère comme un acte de détermination favorable à la décolonisation. »

    Pour le peintre Marven, son identité créole se construit via son expérience avec sa famille et son environnement immédiat. Dans ses toiles, il peint des figures héroïques d’Haïti et de ses ancêtres, rendant ainsi palpable son message profond et poignant. 

    De son côté, l’artiste Elena laisse comprendre que la trace du créole demeure toujours dans ses paroles, bien qu’elles soient écrites en français. Elle croit que l’identité créole existe à travers cette langue. 

    Modéré par Sabina Rony, cet échange a permis de plonger dans les profondeurs de l’identité créole et de son empreinte dans les œuvres des artistes créoles. Les intervenants ont tissé un riche tableau de réflexions, révélant comment les racines culturelles nourrissent la créativité et appellent à la célébration de cette identité vivante et essentielle.  

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