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    Regroupement Jeunesse en Action: d’un gala à un centre communautaire

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    Il y a 18 ans, la mauvaise presse des jeunes de la communauté haïtienne pesait lourd pour Nadine Pierre, une mère monoparentale (à l’époque) qui redoutait ce qui attendait son enfant aussi. Non seulement elle est entrée à l’école pour se former comme intervenante psychosociale, mais décide de réunir d’autres personnes de la communauté pour réfléchir à comment défaire cette image, cette perception.

    Par Jean-Numa Goudou

    Nadine Pierre

    « La stigmatisation des jeunes de notre communauté m’avait interpellée, dit-elle en entrevue, lorsqu’on parlait de gang de rue, tout le monde voyait des Haïtiens. » Finalement, elle crée le Regroupement Jeunesse en Action dont la mission première à l’époque était de sortir les modèles de l’ombre afin que les jeunes puissent les suivre.

    À cet effet, un Gala est né. De bonnes têtes, comme Bruny Surin, Angelot Cadet et le commandant Jean Ernest Célestin, entre autres, ont été honorées lors de cet événement devenu annuel. Mais, au fil du temps, la mission a changé.

    Le regroupement promeut aujourd’hui la réussite éducative, l’intégration socioprofessionnelle des jeunes et l’intégration des familles issues de l’immigration, et ce, par l’art, les formations, les loisirs, la culture, le sport, l’entrepreneuriat et l’implication civique. Il existe aussi un volet d’échanges intergénérationnels pour renforcer la solidarité, la transmission des savoirs et le vivre-ensemble. 

    « Nous sommes dans un carrefour très important axé sur les jeunes et l’immigration », souligne le président du CA de l’organisme, Esdras Métayer. Cet analyste en informatique, qui détient une maîtrise dans le domaine, a remis l’organisme au goût du jour grâce à son expertise.

    Il a mis en place un système de gestion de données, un service de courriel efficace, un site web revampé et il aide à la recherche de fonds et de subventions.

    Depuis son arrivée, il y a environ six ans, l’organisme a pu se procurer un local permanent, ce qui lui permet d’offrir certains « services communautaires » comme de l’aide aux devoirs, et même des services d’immigration. Le Regroupement dispose d’un studio pour les jeunes artistes et pour ceux qui aimeraient réaliser des balados.  

    « Il manquait des moyens pour faire atterrir les bonnes idées que l’organisme avait, dit-il, je le fais bénévolement, tout cela. On n’aurait pas assez de fonds pour payer, pour faire cela. »

    Dans le cadre de sa nouvelle mission, le Regroupement applique des mesures d’accompagnement pour les personnes à risque d’itinérance et il favorise la justice sociale, la non‑violence et l’égalité pour tous, tout en soutenant la santé mentale des jeunes.

    Ces derniers s’impliquent bénévolement dans un programme d’aide aux aînés. Il s’agit d’un service d’accompagnement à l’épicerie ou à la pharmacie, car un bon nombre d’entre eux ne sont pas admissibles au transport adapté.

    « Nous avons un projet de prévention à l’itinérance afin de permettre à des jeunes de la DPJ de recevoir un accompagnement », indique le président du CA. Bon an mal an, ce sont plus de 500 jeunes qui ont été épaulés par l’organisme pour leur trouver un chemin vers la culture et la persévérance scolaire.

    « Je vois beaucoup d’évolution et de changement positif. Je suis fière de dire que j’ai fait partie de cela », se réjouit Nadine Pierre avec le recul, 18 ans après.

     « Tout ce que j’avais, c’était une idée pour accompagner des parents haïtiens qui avaient besoin de comprendre comment ça marche au Québec », renchérit l’intervenante.

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