Autres
    AccueilActuQuand une banlieue montréalaise bat au rythme du monde entier  

    Quand une banlieue montréalaise bat au rythme du monde entier  

    Published on

    spot_img

    Pour sa neuvième édition, le Carnaval du Monde de Repentigny qui se tiendra du 17 au 19 juillet 2026 transformera le parc de l’Île-Lebel en village planétaire.

    Par Jean-Bart Souka

    Organisé par l’organisme Lakay, cet événement gratuit et familial rassemble annuellement des milliers de personnes vivant à Repentigny et dans la grande région de Montréal autour du thème « la culture est le plus court chemin entre les êtres humains ».

    Pendant trois jours cet été, le parc de l’Île-Lebel se transformera ainsi en village planétaire, par le biais de performances musicales, de danses traditionnelles et contemporaines, de cuisines du monde, d’ateliers interculturels pour enfants et adultes, d’un défilé festif et de rencontres entre communautés.

    Un laboratoire d’inclusion en banlieue

    Avec ses plus de 90 000 habitants, Repentigny n’est plus la ville homogène d’hier, estime l’organisme qui coordonne les festivités. En moins d’une décennie, « elle a vu sa population immigrante croitre de manière significative », observe Lakay, pourfendeur de la lutte contre le profilage racial dans la région. Des familles haïtiennes, camerounaises, colombiennes, marocaines, congolaises et d’une vingtaine d’autres origines y ont élu domicile – souvent après avoir transité par Montréal –, à la recherche d’espace, de tranquillité et d’un sentiment d’appartenance.

    C’est précisément ce besoin d’appartenance que le Carnaval du Monde cherche à combler depuis 2017. Créé par Pierre Richard Thomas, directeur de Lakay, l’événement est né d’un constat simple et urgent : les nouvelles communautés de Repentigny avaient besoin de se voir, de se reconnaître, de se célébrer et de le faire aux côtés de leurs voisins québécois de longue date.

    « Ce n’est pas un festival de la diversité au sens décoratif du terme. C’est un espace où des gens qui n’auraient jamais eu l’occasion de se parler apprennent à danser ensemble. Et ça change des choses durablement », indique M. Thomas.

    À l’heure où les questions d’intégration, de racisme systémique et de vivre-ensemble polarisent les débats politiques au Québec et partout en Occident, le Carnaval du Monde de Repentigny offre un terrain concret, humain et nuancé pour explorer ces enjeux essentiels au vivre ensemble.

    Des mères haïtiennes en tenue traditionnelle qui enseignent le konpa à des enfants québécois. Un percussionniste d’origine camerounaise qui improvise avec un guitariste latino. Des adolescents de Repentigny qui goûtent pour la première fois à l’injera éthiopienne ou au mafé sénégalais. Un défilé de chars où chaque quartier de la ville est représenté, avec toutes ses couleurs.

    Ce sont ces images – authentiques, joyeuses, parfois émouvantes – que le Carnaval du Monde produit chaque été, sans filtre et sans mise en scène. C’est ce que vivent des milliers de familles à Repentigny, et c’est une histoire que les grands médias n’ont pas encore racontée.

    « Dans cette ville que certains ont longtemps associée à la méfiance envers l’Autre, quelque chose se construit tranquillement, à coups de djembe et de sucre à la crème. C’est peut-être là la vraie nouvelle ! »

    Diversité et transmission de savoirs culturels 

    Le thème retenu pour 2026 – « Le rythme de nos racines » – est une invitation à explorer ce que chaque culture transmet à ses enfants par la musique, la danse, la langue, la mémoire. La programmation, comprendra notamment :

    – Des performances scéniques de groupes d’Afrique, des Caraïbes, d’Amérique latine et du Québec ;

    – Des ateliers de transmission culturelle intergénérationnelle (masque, danse, percussion, conte, gastronomie) ;

    – Un village des nations avec des kiosques tenus par les associations culturelles de Repentigny et de Lanaudière ;

    – Un grand défilé festif le samedi soir, ouvert à toutes les familles ;

    – Des espaces réservés aux jeunes avec ateliers créatifs, jeux d’animation et coin famille.

    L’entrée est entièrement gratuite pour le grand public, pendant les trois jours.

    À propos de LAKAY 

    Fondé en 2007, Lakay (Chez nous, en français) est un organisme communautaire à but non lucratif voué à l’inclusion sociale, culturelle et économique des communautés immigrantes de Lanaudière. Ses programmes rejoignent chaque année des centaines de jeunes, de familles et de citoyens de la région.

    Le Carnaval du Monde de Repentigny est le flambeau culturel de Lakay : un événement annuel qui transforme un parc municipal en espace de rencontre, d’appartenance et de fierté pour toutes les communautés.

     

    Latest articles

    Nardine Charles, l’audace d’une femme qui a tout osé

    Propriétaire de « The Velvet boutique », Nardine Charles est une femme qui transforme...

    Artistes issus de la diversité s’approprient l’espace culturel

    Festival Théâtre Communauté des Noirs : l’événement d’exception du Mois de l’histoire des Noirs...

    Haïti–Brésil : un match à forte charge symbolique et sociale

    Un premier point de tension concerne le refus de la FIFA de valider le maillot officiel haïtien au motif qu’il contient une référence à Vertières, perçue comme un symbole politique. Cet argument apparaît contestable dans une perspective comparative.

    La communauté haïtienne de Trois-Rivières célèbre un drapeau porteur d’histoire

    À côté des festivités, c’était aussi un moment de réflexion sur la situation socio politique actuelle d’Haïti et sur la construction de l’identité de la diaspora haïtienne à Trois-Rivières. « SI L’ON VEUT TRANSMETTRE NOTRE HISTOIRE, NOTRE CULTURE ET NOS VALEURS À NOS ENFANTS EN ÉTANT LOIN DE NOTRE TERRE D’ORIGINE, IL NOUS FAUT DES OPÉRATEURS DE TRANSMISSION GÉNÉRATIONNELLE », a dit le Dr Jean Fils Aimé, le conférencier du jour.

    More like this

    Nardine Charles, l’audace d’une femme qui a tout osé

    Propriétaire de « The Velvet boutique », Nardine Charles est une femme qui transforme...

    Artistes issus de la diversité s’approprient l’espace culturel

    Festival Théâtre Communauté des Noirs : l’événement d’exception du Mois de l’histoire des Noirs...

    Haïti–Brésil : un match à forte charge symbolique et sociale

    Un premier point de tension concerne le refus de la FIFA de valider le maillot officiel haïtien au motif qu’il contient une référence à Vertières, perçue comme un symbole politique. Cet argument apparaît contestable dans une perspective comparative.