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    Nardine Charles, l’audace d’une femme qui a tout osé

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    Propriétaire de « The Velvet boutique », Nardine Charles est une femme qui transforme les obstacles en opportunités. Elle a pris des risques – et des décisions – même dans l’incertitude. Aujourd’hui, elle dirige trois entreprises florissantes à Trois-Rivières. Portrait.

    Le 23 mai 2026, Nardine Charles a ouvert officiellement sa boutique de mode et de vêtements et d’accessoires « The Velvet » au cœur du centre commercial Le Carrefour à Trois-Rivières. L’événement a été accueilli avec joie par plusieurs personnalités du secteur économique de la Ville. « Ce n’est jamais facile de se lancer en entrepreneuriat. Je félicite Nardine pour cette nouvelle entreprise dans la communauté et je lui souhaite du succès », a alors souligné Grégory Gihoul, directeur général chez IDE Trois-Rivières.

    L’esprit entrepreneurial chez Mme Charles prend naissance dès les années 1990, bien avant ses responsabilités actuelles comme propriétaire de trois entreprises (Nacel Beauty, La Zone Barber et The Velvet). À douze ans, alors qu’elle est encore sur les bancs d’école en Haïti, elle lance un petit commerce de sucrerie. « Je me rappelle avoir acheté un gros sac de sucettes à tige. Puis, j’ai divisé le tout en petits sachets que j’ai confiés à des camarades pour qu’ils puissent les revendre à l’école. Celui qui avait vendu tout son butin bénéficiait d’un paquet gratuit », raconte-elle, avec un sourire satisfait.

    Ces petites initiatives d’enfant allaient devenir les premiers pas d’un parcours entrepreneurial remarquable, bâti sur l’audace, le courage, la vision et surtout la détermination. L’adolescente avait un sens tellement aigu des affaires qu’elle voyait une opportunité économique dans presque tout. Même un simple paquet de sous-vêtements devenait pour elle une occasion de commercer. « Ma mère m’avait acheté un paquet de culottes. J’ai pris celles qui étaient à ma taille, et j’ai vendu à l’unité celles qui ne l’étaient pas », dit-elle dans un grand éclat de rire.

    « Ma mère m’avait acheté un paquet de culottes. J’ai pris celles qui étaient à ma taille, et j’ai vendu à l’unité celles qui ne l’étaient pas », dit-elle dans un grand éclat de rire.

    L’entreprenariat dans le sang

    Cette fibre entrepreneuriale trouve aussi ses racines dans son environnement familial. Sa mère, commerçante de renom, jouait déjà un rôle clé dans le monde des affaires à Port-au-Prince. « Maman était une grossiste, dit-elle. Elle importait des marchandises de Curaçao et du Panama et détenait plusieurs kiosques de vêtements dans les plus grands marchés publics de Port-au-Prince ». Très tôt, Nardine Charles participe à cet univers en s’occupant des archives sur les transactions commerciales de sa mère.

    Après ses études classiques, elle entreprend des études en médecine à l’Université d’État d’Haïti. Toutefois, le contexte d’insécurité et d’instabilité politique qui secoue alors son pays d’origine l’oblige à interrompre son parcours après une première année. Fortement encouragée par ses parents à poursuivre dans le domaine de la santé, elle s’envole pour Boston aux États-Unis où elle intègre une école d’infirmières.

    Même dans cet environnement universitaire, son instinct entrepreneurial prend le dessus. Elle profite de l’espace pour revendre aux jeunes étudiantes des extensions de cheveux. Elle apprend à créer et commercialiser des produits cosmétiques. « J’ai appris à préparer des baumes à lèvres, des produits de maquillage adaptés aux besoins des jeunes et adultes de ma communauté », raconte l’entrepreneure.

    Une femme sans limites

    Car Mme Charles est une femme aux multiples talents. Elle touche à tout pour gagner sa vie : art floral, couture, cuisine, pâtisserie et création de motifs décoratifs sur assiette. Elle ne s’est jamais découragée. Même en vendant du papier de toilette sur Amazon, elle n’était jamais au bout du rouleau.

    « Partout où il y a un besoin, je m’assure d’apporter une solution », se plaît-elle à dire.

    Si elle dirige aujourd’hui avec assurance trois entreprises florissantes à Trois-Rivières, la vie n’a pas toujours été facile pour cette femme. Elle a bâti ses entreprises dans un écosystème trifluvien peu favorable aux entrepreneurs issus de la diversité. Elle a lancé son entreprise The Velvet avec ses propres ressources, mais surtout avec ses larmes. « Un soir, j’étais tellement dépressive, j’avais pleuré toutes les larmes de mon corps. Mon oreiller était complètement mouillé, c’était devenu comme du velours. C’est à ce moment-là que le nom The Velvet, l’équivalent de velours en français, m’est venu », confie l’entrepreneure avec émotion.

    Par-dessus tout, elle a connu des moments difficiles sur le plan familial. Elle est mère monoparentale et doit prendre soin de ses cinq enfants et en même temps gérer trois entreprises pour joindre les deux bouts. « J’ai rencontré des défis énormes sur ma route qui auraient pu me décourager. Mais il y a des rêves qui ne s’éteignent pas, même au milieu des plus grandes tempêtes », conclut-elle avec assurance.

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