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    Du courage au succès : Ces étoiles venues d’ailleurs qui inspirent le Québec

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    Le gala N.E.V.A. — pour Nos Étoiles Venues d’Ailleurs — porte bien son nom. Cette soirée annuelle rend hommage à ceux et celles qui ont choisi le Québec et qui, par leur talent, leur audace et leur engagement, contribuent à le faire briller. Réalisations inspirantes, innovation, engagement citoyen : autant de contributions sont alors mises en lumière.

    Par Marie-Carole Daigre

    Le 20 décembre prochain marquera la quatrième édition de ce gala présenté par l’organisme ImmiGrand — une soirée chic et festive où se côtoieront élus, entrepreneurs, anciens lauréats, donateurs, personnes issues de diverses communautés culturelles et grand public.

    « Le gala N.E.V.A., c’est bien plus qu’un magnifique cocktail où quatre lauréats sont honorés, s’enthousiasme Maryna Krejcarova, la présidente du gala cette année. C’est une belle occasion ouverte à tous de faire du réseautage, de tisser des liens et de prendre part à la fête. »

    Arrivée d’Ukraine en 2003, Maryna Krejcarova a elle-même vécu un parcours d’immigrante. « Par la suite, j’ai fondé mon propre organisme, Les ArrivArts[MCD1] , une plateforme qui met en valeur le talent, la créativité et la culture des artistes issus de l’immigration intégrés à la société canadienne », raconte-t-elle. C’est d’ailleurs par l’entremise de cet organisme qu’elle a rencontré Marc Dorsin, le fondateur d’ImmiGrand. « Nous nous consacrons surtout aux artistes issus de l’immigration, alors qu’ImmiGrand s’intéresse aux immigrants en général, explique-t-elle. J’ai tout de suite aimé son idée de valoriser l’apport des personnes immigrantes qui travaillent fort. Je trouve important de donner une voix à ces gens, de montrer à d’autres immigrants que oui, c’est possible, même si les débuts sont parfois difficiles. Le Québec est une belle province, et j’en suis tombée amoureuse dès mon arrivée. » 

    De l’espoir à la résilience

    « Quand on arrive, il est facile de perdre espoir, confie celle qui est également chanteuse d’opéra. Souvent, un immigrant se trouve à recommencer sa vie à 50 ans, âge auquel les gens nés ici pensent alors à la retraite. » Elle rappelle que les freins à l’intégration (lire : la « bureaucratie ») privent le Québec de nombreux talents — médecins, enseignants, ingénieurs — qui peinent à faire reconnaître leurs compétences. Beaucoup arrivent en effet ici avec un diplôme en main et découvrent qu’il faut tout recommencer : repasser des examens, refaire ses preuves. « Pour plusieurs, surtout ceux qui s’installent à l’âge adulte, le parcours peut prendre 10 ans avant de retrouver leur profession d’origine, tout ça en subvenant aux besoins de leur famille. »

    Pour la présidente, un événement comme le gala N.E.V.A. redonne espoir. « Moi, je dis : “Lâche pas la patate !”, même si le temps joue contre nous !  Voir quelqu’un réussir, ça rallume la flamme. Parfois, une simple rencontre, une conversation, ça peut faire surgir la petite étincelle qui modifiera un cheminement. »

    Travaillant au sein d’un conseil scolaire, elle observe un autre effet positif de l’immigration : celui des modèles inspirants au quotidien. « Chaque année, par exemple, des enseignants issus de l’immigration deviennent professeurs de français ici, illustre-t-elle. Imaginez un jeune arrivant du Maroc ou de l’Algérie voyant devant lui un enseignant qui a vécu les mêmes défis. L’identification se fait naturellement. »

    Réussir à force d’efforts

    Vice-président du gala 2025, Jonas Dumas parle avec passion de l’événement. Pour lui, une telle initiative permet d’aller à contre-courant d’un certain discours stigmatisant à l’égard des personnes migrantes. « Beaucoup jouent un rôle important dans leur communauté, mais elles manquent de visibilité, souligne-t-il. Le gala vise non seulement à mettre en lumière leur contribution à la société et à leur dire merci, mais aussi surtout à reconnaître le chemin qu’elles ont ouvert pour les générations qui suivent. »

    Travailleur social, Jonas Dumas participait pour la première fois au gala l’an dernier. Originaire d’Haïti, il a d’abord vécu en Argentine, où il a obtenu une maîtrise en politique sociale et travaillé notamment auprès d’organismes de défense des droits de la personne et du citoyen. Il s’est finalement établi au Québec en 2023.

    Il tient à ce que le gala reflète toute la diversité des parcours. « Nous n’avons pas de catégories strictes de lauréats, explique-t-il, mais nous veillons à reconnaître des personnes issues de différentes nationalités — haïtienne, africaine et bien d’autres — ainsi que de divers milieux : communautaire, entrepreneurial, professionnel. Qu’il s’agisse d’un jeune qui se démarque ou d’un leader inspirant, l’idée est de célébrer ceux et celles qui contribuent positivement à notre communauté et à la société en général. »

    Il rappelle lui aussi que les personnes migrantes arrivent souvent sans capital social ni économique, en plus de se heurter parfois à la barrière de la langue, au manque de reconnaissance des études ou à la nécessité de se reconvertir professionnellement. « Leur objectif est d’avoir une meilleure vie, mais beaucoup repartent du bas de l’échelle et se retrouvent devant plein d’inconnues. Je ne crois pas à la méritocratie au sens où chacun serait seul responsable de son succès ou de son échec, précise-t-il. Mais le message qu’on veut transmettre, c’est que les possibilités existent — à condition d’y consacrer des efforts et des sacrifices. »  

    Pour Jonas Dumas, le gala joue également un rôle concret dans le rapprochement des communautés. « Il contribue à changer les perceptions et à créer des ponts entre les communautés culturelles », souligne-t-il.

    Il souligne que l’action d’ImmiGrand dépasse largement le gala N.E.V.A. « L’organisme a tout un programme d’accompagnement qui vise à présenter des modèles et à encourager la construction d’une citoyenneté active. Notre objectif ultime, c’est d’offrir un encouragement. »

    Le programme de la soirée offerte à la Grande Bibliothèque de BAnQ promet d’en mettre plein la vue aux quelque cent invités attendus. En plus de la remise de prix, il y aura un spectacle mettant en vedette une mosaïque de talents : la présidente elle-même, Maryna Krejcarova, qui chantera, ainsi que des artistes d’origine haïtienne, un violoniste japonais… et quelques surprises soigneusement gardées pour le grand soir !

    Dès maintenant, Maryna Krejcarova lance l’invitation aux personnes intéressées à poser leur candidature à la prochaine édition du gala. « L’appel de candidatures est lancé ! » glisse-t-elle, déjà tournée vers la prochaine édition.

    Contact: 

    Maryna Krejcarova : 514 515-3717, présidente

    marynakrejcarova@gmail.com

    Jonas Dumas : 450-278-5614. Vice-président

    jonas.dumas00@gmail.com

    ________________________________________

     [MCD1]https://www.facebook.com/lesarrivarts/mentions/

     

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