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    Tambudzaï : une histoire de courage, d’identité et de résistance

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    Ce corps à pleurer est un roman-témoignage de Tsitsi Dangarembga. Ce roman raconte l’histoire de Tambudzaï, une jeune femme diplômée au Zimbabwe, et celle-ci cherche à se construire après avoir quitté un emploi sans avenir. Elle avait de grands rêves. Rattrapée par la réalité, elle finit par accepter un poste qui la condamne à vendre aux touristes les charmes d’une Afrique fantasmée. Cette jeune femme lutte pour trouver sa place dans une société patriarcale, où les femmes sont réduites à des rôles limités.

    Une des forces de Corps à pleurer réside dans sa capacité à peindre les expériences féminines avec une sensibilité et une authenticité profondes. Dangarembga décrit sans concession les réalités auxquelles les femmes sont confrontées, des abus sexuels aux attentes sociales écrasantes et à la violence de genre. Cette introspection révèle la vérité de déconstruire les normes culturelles oppressives et patriarcales. Ce corps à pleurer est un roman engagé. Il rend hommage à la résistance et à la créativité des femmes africaines. Il explore les thèmes de l’identité, de la mémoire, de la culture et de la politique en montrant les tensions et les contradictions dans la société zimbabwéenne.

    Le roman de Dangerembga, à la fois limpide et porteur d’images visuelles, utilise des dispositifs littéraires tels que les rétrospectives et les monologues intérieurs pour donner au lecteur un aperçu plus intense de la psyché de ses personnages. Ce roman est écrit dans un style fluide et captivant. Il est raconté de manière fragmentaire et suscite l’émotion donnant au lecteur un aperçu de l’esprit tourmenté de Tambudzai tandis qu’elle se bat pour son autonomie et sa liberté. Tsitsi Dangerembga réussit d’abord à créer une atmosphère à la fois réaliste et poétique, pour décrire ensuite avec finesse les paysages, les sons et les odeurs de la ville. Elle utilise le sarcasme pour dénoncer les absurdités et les injustices du système néocolonial.

    Ce corps à pleurer est une œuvre puissante posant un regard scrutateur et, bien entendu, avec audace sur les problèmes sociaux de Zimbabwe. Ce roman constitue une voix essentielle dans le paysage littéraire contemporain, car elle revisite les luttes et les triomphes des femmes zimbabwéennes : « Parce que se trouver un homme à épouser, ce n’est pas un jeu. C’est aussi dur que la guerre, et cette guerre, il faut apprendre à la faire » (Dangarembga 2021 : 106). Il ouvre des pistes de réflexion critique sur les normes et les inégalités de genre : « La lutte pour la scolarité, la parcelle de maïs que tu plantes et les épis que tu vends pour continuer à aller l’école parce que ta mère refuse de faire pour toi ce qu’elle a fait pour ton frère : vendre au marché » (p.173). Dans l’ensemble, Corps à pleurer est un roman courageux et inspirant. Il clôt magistralement la saga de Tambudzaï. Il mérite d’être lu et discuté pour sa pertinence, sa sincérité et sa beauté littéraire.

    Tsitsi Dangarembga (2023). Ce corps à pleurer. Montréal : Mémoire d’encrier, 476 pages. 

    À propos de l’auteure

    Tsitsi Dangarembga, née en 1959, est à la fois romancière, dramaturge et cinéaste zimbabwéenne. En 2020, Dangarembga a été nominée pour le prestigieux prix Booker pour son livre The Book of Not et This Mournable body (Ce corps à pleurer), puis elle a obtenu d’autres distinctions littéraires, notamment le prix des écrivains du Commonwealth et le Prix PEN Pinter. En 2022, l’auteure a été sélectionnée pour le prix Windham-Campbell pour la fiction.

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