À seulement 21 ans, Ali Tawbe donne une seconde vie à une multitude d’appareils électroniques promis à la destruction. Ordinateurs, tablettes, téléphones… Tout y passe ! Retapés avec soin, ces appareils deviennent des outils de réussite pour d’autres dans le besoin.
« Au début de mes études, il y a trois ans, je n’avais pas les moyens d’acheter le matériel informatique qu’il me fallait. J’ai donc bricolé ma propre installation avec ce que je trouvais à droite et à gauche », raconte l’étudiant en pharmacie. De fil en aiguille, Ali a commencé à dépanner un ami, puis un autre… jusqu’à ce que le besoin personnel initial devienne une véritable mission !
L’effet domino a ainsi mené à la naissance d’Anatoli Électronique, un organisme voué à la remise en état et au don d’appareils électroniques. « Je consacre tout mon temps libre à réparer du matériel que je récupère gratuitement ou à petit prix, explique-t-il. Heureusement que mon frère m’aide, surtout pendant les examens ! Il m’arrive de devoir acheter certaines pièces, mais la plupart du temps, je trouve ce qu’il me faut dans des entreprises de recyclage. »
Depuis que les médias ont parlé de son projet, la demande afflue. D’autres dizaines d’étudiants ont pu profiter du matériel reconditionné par Ali, et le bouche-à-oreille a fait le reste : « La nouvelle publiée sur Facebook par l’émission Première heure de Radio-Canada a reçu près de 9000 J’aime » s’étonne-t-il.
Une deuxième vie aux appareils… et une chance à ceux qui en ont besoin
À l’origine, ce n’était qu’un projet scolaire : trouver un moyen concret de lutter contre la surconsommation et l’obsolescence programmée. Mais pour Ali, l’idée s’est vite transformée en un engagement à la fois écologique et solidaire.
« Je trouvais désolant de voir que l’on se débarrasse chaque année de milliers d’ordinateurs ou d’écrans, souvent simplement parce qu’une petite pièce est défectueuse, raconte-t-il. Et souvent, les gens remplacent un appareil parfaitement fonctionnel uniquement sous la pression du marketing : ils achètent le nouveau modèle et laissent l’ancien prendre la poussière, alors qu’on pourrait en prolonger la vie utile. »
Mais Ali estime que l’impact le plus fort de sa démarche se mesure ailleurs que du côté environnemental. « Cet ordinateur ou ce téléphone que je donne, c’est bien plus qu’un objet, assure-t-il. De nos jours, en avoir un, ça peut littéralement changer une vie. » Pour illustrer son propos, il évoque l’exemple d’un téléphone cellulaire remis à un parent jusqu’alors dépourvu de moyen de communication : « Depuis qu’il a un appareil, l’école de ses enfants peut enfin le joindre ! »
Dans son quartier de Montréal-Nord qui compte certains secteurs moins favorisés ou Hochelaga, le besoin en matériel électronique est bien réel. « Je suis heureux de contribuer, à ma façon, à démocratiser l’accès à la technologie pour les étudiants à petit budget, les nouveaux arrivants et les familles en précarité financière. »
Le député fédéral de la circonscription de Bourassa, Abdelhaq Sari, a d’ailleurs remis en août dernier à Ali une reconnaissance honorifique pour souligner son engagement citoyen.
Le parcours d’Ali montre qu’un petit geste peut mener loin. Une initiative qui, espérons-le, en inspirera d’autres.
Appel à tous
Vous avez des ordinateurs, écrans, téléphones cellulaires, tablettes, liseuses, consoles de jeu et autres appareils électroniques à donner ou à vendre à très bas prix ? Envoyez votre fiche technique ou description à anatoli.electronics@gmail.com.
Qui sait, vous pourriez faire des heureux !
Pourquoi s’appeler Anatoli ?
« C’est une personne de mon entourage qui m’a proposé ce nom, qui signifie “aurore” en grec, explique Ali Tawbe. Je trouve que le parallèle symbolique avec la naissance d’un nouveau jour est parfait ! »
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