Par Maryse St-Eloi
À travers le malheur, une lueur d’espoir semble se dessiner. Depuis des années, le peuple haïtien peine à surmonter de nombreux défis : insécurité généralisée, crises économiques, catastrophes naturelles, instabilité politique… Pourtant, au cœur de ces tourments, la qualification de l’équipe nationale de football pour la Coupe du monde 2026 vient raviver une étincelle de fierté et d’unité rarement observée dans l’histoire récente de l’île caraïbéenne.
La victoire tant attendue s’est transformée en symbole d’une renaissance nationale. Dans les rues de Port-au-Prince comme dans les villages les plus reculés, des scènes de joie collective ont éclaté à l’annonce de la qualification. Mais cette prouesse sportive ne se limite pas à la performance sur le terrain. Elle incarne le rêve d’un peuple qui, malgré l’adversité, croit encore en des lendemains meilleurs.
Pour beaucoup d’Haïtiens, cette réussite est en effet une revanche sur le destin. Car le football, sport roi sur la presqu’île, fédère toutes les couches de la société. Il offre un exutoire aux souffrances quotidiennes et, à travers cette qualification, il redonne à la jeunesse l’envie de croire en ses propres capacités. Les joueurs, érigés en héros nationaux, sont devenus des modèles d’abnégation et de persévérance.
La route vers la Coupe du monde 2026 ne s’arrête pas là. Elle ouvre une nouvelle page d’histoire, où chaque match à venir sera perçu comme une nouvelle preuve du potentiel et du courage haïtiens. Plus qu’un simple événement sportif, c’est un élan d’espoir qui traverse désormais tout un pays, prêt à vibrer et à rêver d’exploits encore plus grands sur la scène internationale.
Cette joie immense est également partagée avec les Haïtiens de l’extérieur. L’écho de cette qualification historique a résonné bien au-delà des frontières haïtiennes, touchant profondément la diaspora, notamment à Montréal où réside une importante communauté haïtienne. Dans les quartiers de la métropole québécoise, des rassemblements spontanés ont eu lieu dans les cafés, les parcs et même dans les rues, transformant la ville en une scène vibrante d’allégresse partagée. Les Montréalais d’origine haïtienne ont célébré cette victoire comme un retour symbolique aux racines, renouant avec leur héritage et exprimant une solidarité renouvelée envers leur pays d’origine.
Pour beaucoup, cet événement a été l’occasion de transmettre aux plus jeunes la fierté de leurs origines et de renforcer le sentiment d’appartenance à la communauté haïtienne internationale. Les drapeaux bleu et rouge ont flotté, les chants créoles ont retenti, créant un pont émotionnel entre Haïti et ses enfants de l’étranger. À Montréal, la qualification n’a pas seulement uni les expatriés autour du football, elle a ravivé la flamme de l’espoir et du rêve collectif, prouvant que, malgré la distance, l’identité et la passion demeurent intactes.
En définitive, la qualification de l’équipe nationale haïtienne pour la Coupe du monde 2026 incarne plus qu’une victoire sportive : elle rappelle à chacun que, même dans les moments les plus sombres, « Espwa fè viv »; l’espoir fait vivre. Ce proverbe haïtien résonne comme une invitation à persévérer et à croire en des horizons meilleurs, guidés par la force et la résilience d’un peuple uni par le rêve et la passion.


