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    La diversité, version boulette

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    Ronde, familière et universelle, la boulette est bien plus qu’un simple plat cuisiné. À Montréal-Nord, elle est devenue, en dix ans, un langage commun, un prétexte à la rencontre et à la découverte de l’autre. Le 15 juin prochain, le Festival des boulettes proposé par l’organisme Les Fourchettes de l’espoir revient avec la même recette gagnante : célébrer la diversité culinaire pour rassembler citoyens et citoyennes, une bouchée à la fois.

    Par Marie-Carole Daigre

    Chantal Rossi, conseillère municipale de l’arrondissement Montréal-Nord, est non seulement cofondatrice mais aussi idéatrice du festival. « Mon père est d’origine italienne et ma mère est québécoise. À la maison, quand on faisait des boulettes, la question existentielle, c’était “Quelle sauce on va servir avec ?” Je dis cela à la blague, mais il est vrai qu’il y a des boulettes dans tous les pays du monde. Voilà pourquoi je me suis dit qu’on pourrait en faire un festival. »

    Il n’en fallait pas plus pour que naisse le Festival des boulettes, qui invite tant les gens du public que les maisons d’enseignement à présenter leurs créations au concours de la meilleure boulette !

    Présidente du jury pour une dixième fois cette année, l’irremplaçable Sœur Angèle nourrit un enthousiasme communicatif devant le pouvoir des boulettes du monde entier ainsi mises en vedette. Mais pourquoi ce petit mélange roulé à la main permet-il aussi bien le dialogue culturel ? 

    « Les boulettes, on en mange dans le monde entier, rappelle Sœur Angèle. Ça peut bien nourrir, pour pas cher, et on n’a pas besoin d’une brigade culinaire pour préparer ça : tout le monde, même un enfant, peut rouler des boulettes ! assure-t-elle de la voix énergique qu’on lui connaît bien.

    Le Festival des boulettes comporte deux volets : un volet scolaire réservé aux écoles de Montréal et un volet grand public ouvert à l’ensemble de la population. L’organisme fournit aux participants tout le matériel requis pour préparer 150 boulettes, à servir le jour de la compétition.

    « De plus en plus de gens participent en famille, se réjouit Brunilda Reyes, cofondatrice et directrice générale de l’organisme d’économie sociale Les Fourchettes de l’espoir. Une femme peut bien s’inscrire à son nom seulement, mais le jour du festival, on la retrouve avec son mari, ses enfants, les grands-parents… C’est une belle aventure collective. De plus, nous avons pu faire participer des personnes arrivées depuis peu au Canada. Certains, dont le pays est en guerre ou issus de régions où les droits de la personne ne sont pas respectés, vivent alors quelque chose de très émotif : une grande fierté de pouvoir faire connaître leurs coutumes et celle aussi de l’accueil qu’ils reçoivent. »

    Toujours plus, toujours mieux

    Et le nombre de visiteurs augmente sans cesse : de la petite centaine du début, ils étaient autour de 500, l’an dernier. « Les visiteurs et les participants viennent désormais de partout dans Montréal, et non seulement de Montréal-Nord, note la DG. Ça crée une autre ambiance : la diversité est du côté des gens sur place, et pas seulement du côté des recettes ! » 

    « Ce festival va devenir international ! assure Sœur Angèle. Au dernier concours, les gens ont pu goûter aux boulettes représentant 18 pays. »

    « Chaque édition nous rapproche de mon but ultime, se réjouit Chantal Rossi. Je constate que les gens jasent entre eux, en parlant d’abord de la recette, mais petit à petit on voit que s’installe aussi un respect des différences. Et dans mon esprit, si on arrive à créer un véritable vivre-ensemble, ça va bien aller ! »

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