{"id":1300,"date":"2025-12-25T12:17:57","date_gmt":"2025-12-25T17:17:57","guid":{"rendered":"https:\/\/comcestnous.com\/com1\/?p=1300"},"modified":"2025-12-25T12:21:35","modified_gmt":"2025-12-25T17:21:35","slug":"hybridations-ou-le-logos-dune-utopie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/comcestnous.com\/com1\/ici\/hybridations-ou-le-logos-dune-utopie\/","title":{"rendered":"Hybridations ou le logos d\u2019une utopie"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le Centre international de documentation et d\u2019information ha\u00eftienne, carib\u00e9enne et afro-canadienne (CIDIHCA), au 430 de la rue Sainte-H\u00e9l\u00e8ne du Vieux-Montr\u00e9al, a accueilli, le 10 avril 2025, l\u2019exposition \u00ab\u00a0Hybridations\u00a0\u00bb des photographes Kesler Bien-Aim\u00e9 et Gr\u00e9gory Jean-Baptiste. \u00ab\u00a0Hybridations\u00a0\u00bb\u00a0! Pourquoi ce vernissage\u00a0? Eclairage de Fanfan Clairvil.<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019y vois une alternative. Une m\u00e9thode. Une vision. Un logos, voire une m\u00e9canique d\u2019un changement possible et engag\u00e9. Un r\u00eave au service de l\u2019art ou l\u2019art au service d\u2019une utopie.<\/p>\n<p>Hybridations, ce concept &#8211; identit\u00e9 neuve, c\u2019est un exercice de laboratoire autant qu\u2019un \u00ab\u00a0art-lab\u00a0\u00bb, un <em>entr\u2019act\u2019art<\/em> cosign\u00e9 par Kesler Bien-Aim\u00e9 et Gregory Jean-Baptiste \u00e0 l\u2019espace-galerie du CIDIHCA. Il s\u2019agit d\u2019une r\u00e9ponse implacable \u00e0 l\u2019air du temps, un acte conscient. Cet <em>act\u2019art\u00a0<\/em>cristallise la conscience sociale en <em>une utopie<\/em>. Cette d\u00e9monstration de photographies se m\u00e9tamorphose <em>in situ<\/em>. Symboliquement dans un tourbillon op\u00e9r\u00e9 \u00e0 la matrice de l\u2019exposition par un hym\u00e9n\u00e9e de deux\u00a0<em>p\u00f4l\u2019arts<\/em>, l\u2019ensemble se d\u00e9ploie et prend possession de l\u2019espace.<\/p>\n<p>Sous nos yeux, s\u2019op\u00e8re la mutation \u00e0 l\u2019hybridation en un <em>act\u2019art<\/em> vivant qui se livre \u00e0 travers toute une grammaire\u00a0: gestes, murmures, regards soutenus par un narratif cr\u00e9atif. Aussi, tout un mouvement c\u00e9r\u00e9bral plein la vue et l\u2019esprit est-il pos\u00e9 pour qu\u2019advienne la mutation possible.<\/p>\n<p>Cette exp\u00e9rience nouvelle transpire une activit\u00e9 qui rec\u00e8le tant d\u2019intrigues qu\u2019elle se fait chair sous la sp\u00e9cificit\u00e9 d\u2019une <em>identit\u00e9 hybride.\u00a0<\/em>Elle s\u2019appr\u00e9cie comme la nouvelle r\u00e9ponse vivante capt\u00e9e par l\u2019esprit, autant sur le plan \u00e9motionnel qu\u2019heuristique. Cette exposition inaugure une pratique propre \u00e0 interroger le\u00a0<em>racisme politique<\/em>, la \u00ab\u00a0<em>peur des immigrants<\/em>\u00a0dans ce monde blanchi\u00a0\u00bb. Ce rangement est aussi un acte scrutant la m\u00e9moire et l\u2019histoire civilisationnelle des ethnocid\u00e9s ? Certes, quels propos performatifs sortiront de cet \u00ab\u00a0acte-art\u00a0\u00bb\u00a0? Quels encadr\u00e9s th\u00e9rapeutiques tirerons-nous de cette collection de photos d\u2019art ? C\u2019est art bifrontal\u00a0: Bien-Aim\u00e9 dans un p\u00f4le\u00a0se met en\u00a0mode noir ou blanc. Le\u00a0\u00ab\u00a0noir devenant aujourd\u2019hui la ligne de partage du monde\u00a0\u00bb selon la proph\u00e9tie de WEB Dubois (1868-1963)\u00a0; et dans l\u2019autre, haut en couleur, un monde de libert\u00e9 \u00e9triqu\u00e9e, <em>indig\u00e9n\u00e9is\u00e9e<\/em> par Jean-Baptiste.<\/p>\n<p>Comment voir clair\u00a0dans cette entreprise cognitive\u00a0?\u00a0 Cet\u00a0<em>entr\u2019act\u2019art<\/em>\u00a0ou \u00ab\u00a0l\u2019expo <em>Hybridations<\/em> d\u2019avril 2025 fera-t-il tache d\u2019huile dans les annales de l\u2019histoire de l\u2019art d\u2019aujourd\u2019hui\u00a0? L\u2019expo ne r\u00e9pond pas \u00e0 tout. Cependant, elle s\u2019inscrit, non sp\u00e9cifiquement dans le \u00ab\u00a0Mois d\u2019Histoire des Noir\/es\u00a0\u00bb ou dans la \u00a0\u00ab Semaine contre le racisme\u00a0\u00bb comme soutient le babillard mais s\u2019impr\u00e8gne de l\u2019esprit de la m\u00e9moire <em>n\u00e8gre<\/em>, color\u00e9e, d\u00e9color\u00e9e, anc\u00eatre-fondateur errant de l\u2019humanit\u00e9.<\/p>\n<p>Prospectivement, le d\u00e9cor des photographes est plant\u00e9 dans un au-del\u00e0 du <em>racisme politique<\/em>. Les photographies de Bien-Aim\u00e9 renvoient \u00e0 une humanit\u00e9 incarc\u00e9r\u00e9e. Or, le droit de cit\u00e9 de cette exposition est dans son questionnement. \u00a0Proposer la pens\u00e9e hybride, c\u2019est repenser la soci\u00e9t\u00e9 des humains. En tant qu\u2019utopie, pour un regard nouveau et une graphie neuve, elle est potentiellement capable d\u2019engendrer symboliquement une autre aussi \u00e9thique qu\u2019esth\u00e9tique. Un vivant socialement \u00e9cologique qui tire sa m\u00e9canique du don de soi. \u00c0 cela, s\u2019ajoute l\u2019\u00e9nergie accoucheuse des amateurs d\u2019art par une douce cohue dans la matrice tourbillonnante de l\u2019\u0153uvre. Aussi, au-del\u00e0 de faire de l\u2019hybridation un \u00ab\u00a0consommable\u00a0\u00bb, les photographes construisent dans la m\u00e9taphore un visuel \u00e9cologiquement <em>indivis<\/em> \u00e0 la hauteur des pr\u00e9occupations actuelles.<\/p>\n<p>Ainsi, s\u2019\u00e9loignent-ils des \u00ab\u00a0th\u00e9ories\u00a0\u00bb et s\u2019entrem\u00ealent-ils les pinceaux pour d\u00e9terminer l\u2019av\u00e8nement de nouvelles singularit\u00e9s. Reli\u00e9es \u00e0 l\u2019ancestralit\u00e9, aux fragilit\u00e9s, aux interdits, aux biais<em>\u00a0soci\u00e9taux,<\/em>\u00a0ces \u0153uvres parlent au temps pr\u00e9sent.<\/p>\n<p>Certes, chaque photographe donne libre cours aux r\u00e9cits-sources qui marquent leur diff\u00e9rence. Les \u00e9loges et les questions de curiosit\u00e9 ne tarissent pas sur les sept figur\u00e9s de Jean-Baptiste dont\u00a0<em>Asson<\/em>, <em>Justice<\/em> (30\/40) ou sur les huit \u0153uvres de Bien-Aim\u00e9 dont\u00a0<em>Embranchements<\/em>, <em>Unis-vers-el<\/em> (24\/36), <em>Depuis ma cellule, (<\/em>20&#215;24). Tous ces actes d\u2019art t\u00e9moignent de la difficult\u00e9 \u00e0 op\u00e9rer une hybridation performative.<\/p>\n<p>Or, les discussions vont bon train avec les photographes\u00a0:\u00a0esth\u00e9tiques, techniques, compositions, arts, actes, s\u00e9rigraphies, couleurs\u2026 Les r\u00e9ponses d\u00e9nouent les \u00e9nigmes et les c\u00f4t\u00e9s magiques et en soul\u00e8vent d\u2019autres sur les voiles physiques et symboliques qui s\u00e9parent et unissent l\u2019ensemble.<\/p>\n<p>Gr\u00e9gory, form\u00e9 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al (UDM), montre dans ses \u0153uvres une technique complexe, mutant de la photographie \u00e0 la s\u00e9rigraphie. Son visuel rappelle l\u2019<em>indig\u00e9n\u00e9it\u00e9<\/em> conceptuelle et par la technique, un Henri Matisse (1869-1954) remodel\u00e9. Alors que Kesler, photographe le plus os\u00e9 et prolifique de sa g\u00e9n\u00e9ration, construit son art en noir et blanc \u00e0 la cam\u00e9ra m\u00eame, sans retouche, \u00e0 la hauteur de son examen des dynamiques patrimoniales de la ville, voir sa th\u00e8se de doctorat en ethnologie et patrimoine \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Laval, Qu\u00e9bec.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comment voir clair\u00a0dans cette entreprise cognitive\u00a0?\u00a0 Cet\u00a0entr\u2019act\u2019art\u00a0ou \u00ab\u00a0l\u2019expo Hybridations d\u2019avril 2025 fera-t-il tache d\u2019huile dans les annales de l\u2019histoire de l\u2019art d\u2019aujourd\u2019hui\u00a0? L\u2019expo ne r\u00e9pond pas \u00e0 tout. 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