{"id":1107,"date":"2025-03-18T18:55:03","date_gmt":"2025-03-18T22:55:03","guid":{"rendered":"https:\/\/comcestnous.com\/com1\/?p=1107"},"modified":"2025-03-18T19:01:19","modified_gmt":"2025-03-18T23:01:19","slug":"anthony-phelps-le-poete-que-voici","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/comcestnous.com\/com1\/portrait\/anthony-phelps-le-poete-que-voici\/","title":{"rendered":"Anthony Phelps, le po\u00e8te que voici"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Le dernier po\u00e8te d\u2019<em>Ha\u00efti litt\u00e9raire<\/em> s\u2019est \u00e9teint \u00e0 96 ans, dans la nuit du 10 au 11 mars 2025, \u00e0 Montr\u00e9al, <\/strong>\u00ab <strong>mais sa lumi\u00e8re persistera par-del\u00e0 les \u00e9ternit\u00e9s \u00bb affirme Marc Exavie<\/strong>r<strong>. Retour sur la vie et l\u2019\u0153uvre de l\u2019auteur de Mon pays que voici, po\u00e8me-t\u00e9moignage qui a r\u00e9sist\u00e9 au temps.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Par Claude Gilles*<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9 \u00e0 Port-au-Prince, Ha\u00efti, le 25 ao\u00fbt 1928, Anthony Phelps est po\u00e8te, diseur et romancier. Il s\u2019est consacr\u00e9 \u00e0 la litt\u00e9rature apr\u00e8s des \u00e9tudes de chimie et de c\u00e9ramique aux \u00c9tats-Unis et au Canada. Le po\u00e8te a particuli\u00e8rement marqu\u00e9 son temps par <em>Mon pays que voici,<\/em> \u00ab po\u00e8me-t\u00e9moignage qui a r\u00e9sist\u00e9 au temps et qui, curieusement, continue \u00e0 dire avec force la r\u00e9alit\u00e9 d\u2019un pays aux prises avec l\u2019exploitation et l\u2019ali\u00e9nation \u00bb (M\u00e9moire d\u2019encrier: 2007).<\/p>\n\n\n\n<p>Avec de grands noms de la litt\u00e9rature ha\u00eftienne, notamment les po\u00e8tes Davertige, Serge Legagneur, Roland Morisseau, Ren\u00e9 Philoct\u00e8te et Auguste Th\u00e9nor, Phelps a fond\u00e9, en 1961, le mouvement \u00ab <em>Ha\u00efti litt\u00e9raire <\/em>\u00bb et la revue \u00ab <em>Semences<\/em> \u00bb. Il fut aussi le principal animateur de la troupe de com\u00e9diens \u00ab <em>Prisme<\/em> \u00bb et r\u00e9alisateur d\u2019une \u00e9mission sur la po\u00e9sie et le th\u00e9\u00e2tre sur les ondes de Radio Cacique dont il est cofondateur. Sa militance lui a co\u00fbt\u00e9 un s\u00e9jour dans les ge\u00f4les sous la dictature naissante et f\u00e9roce de Fran\u00e7ois Duvalier.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Rel\u00e2ch\u00e9 comme plusieurs autres miracul\u00e9s des camps de la mort, Anthony Phelps a pris le chemin de l\u2019exil. Montr\u00e9al a \u00e9t\u00e9 son refuge, sa terre de libert\u00e9 et de cr\u00e9ation. Il y a fait du th\u00e9\u00e2tre, de la radio et de la t\u00e9l\u00e9. Des passions qui ouvraient les portes de Radio-Canada au natif d\u2019Ha\u00efti pour une longue carri\u00e8re en journalisme. Apr\u00e8s des d\u00e9cennies de bons et loyaux services \u00e0 salle des nouvelles de la cha\u00eene publique, Phelps a pris une retraite anticip\u00e9e pour adh\u00e9rer \u00e0 sa vraie passion : la litt\u00e9rature.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;homme de lettres est aussi connu de l\u2019industrie cin\u00e9matographique qu\u00e9b\u00e9coise. Il a particip\u00e9, en effet, \u00e0 la narration de plusieurs films pour <em>InformAction<\/em> et les <em>Productions Pierre Nadeau<\/em>. Il a r\u00e9alis\u00e9 et produit avec le m\u00eame souffle pas moins d\u2019une quinzaine de disques de po\u00e9sies d\u2019auteurs ha\u00eftiens et qu\u00e9b\u00e9cois. Il a ainsi donn\u00e9 de la voix aux mots inspir\u00e9s par les po\u00e8tes de deux zones les plus francophones de l\u2019Am\u00e9rique (Ha\u00efti et Montr\u00e9al).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Sa bibliographie est dense. Une vingtaine de titres dont certains traduits en espagnol, anglais, russe, ukrainien, allemand, italien et japonais. L\u2019\u0153uvre de Phelps est aussi enseign\u00e9e dans des universit\u00e9s aux \u00c9tats-Unis \u2013 notamment <em>Princeton, Saint Michael&rsquo;s College<\/em> (Vermont),<em> Iowa State University<\/em> \u2013 qui contiennent un programme d\u2019\u00e9tudes fran\u00e7aises. Toutes les critiques sont unanimes quant \u00e0 la qualit\u00e9 de la po\u00e9sie de Phelps.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Pour prendre conscience de la valeur d\u2019une \u0153uvre, dit-on souvent, il faudrait imaginer un instant qu\u2019elle n\u2019existe pas. Que se serait-il pass\u00e9 dans la po\u00e9sie ha\u00eftienne si Anthony Phelps n\u2019avait pas \u00e9crit et publi\u00e9? En quoi consiste la contribution d\u2019Anthony Phelps \u00e0 la litt\u00e9rature? Que se serait-il pass\u00e9 dans la vie de quelques \u00e9crivains de cette \u00e9poque s\u2019ils n\u2019avaient rencontr\u00e9 cet homme qui, aujourd\u2019hui, vivant loin des sir\u00e8nes de la vaine gloire, mais sans retrait hautain, a produit l\u2019une des \u0153uvres les plus connues, les plus populaires de la litt\u00e9rature ha\u00eftienne? \u00bb, s\u2019interroge d&rsquo;un ton admiratif \u00c9mile Ollivier, une autre r\u00e9f\u00e9rence dans la litt\u00e9rature ha\u00eftienne.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Plusieurs fois boursier du Conseil des Arts du Canada (bourse de cr\u00e9ation libre), Phelps a deux fois obtenu le prix de po\u00e9sie <em>Casa de las Americas<\/em>, Cuba. Le minist\u00e8re des Relations avec les citoyens et de l\u2019Immigration du gouvernement du Qu\u00e9bec lui a aussi d\u00e9cern\u00e9, le 2 f\u00e9vrier 2011, une plaque d\u2019honneur \u00e0 l\u2019occasion du forum \u00ab <em>Encre noire, litt\u00e9rature et communaut\u00e9s noires<\/em> \u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Anthony Phelps a eu aussi les honneurs de la Ville de Montr\u00e9al, en mars 2016. Ce fut \u00e0 l\u2019occasion de la Journ\u00e9e mondiale de la po\u00e9sie ! Quand la terre trembla en Ha\u00efti, le 12 janvier 2010, le po\u00e8te doublement insulaire, car il a migr\u00e9 d\u2019une \u00eele \u00e0 l\u2019autre, a dit sa douleur pour son alma mater : \u00ab <em>Mon pays a un caillot de sang dans la gorge<\/em>. \u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Port-au-Prince, sa ville natale, a \u00e9t\u00e9 mise \u00e0 genoux. Une ville endeuill\u00e9e, couleur de sang, ravag\u00e9e par les secousses telluriques. <em>Mon pays que voici<\/em>, en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019un de ses recueils \u00e9crit en 1965, lui revenait \u00e0 l\u2019esprit. Phelps ne doutait pas, dit-il, \u00ab qu&rsquo;en \u00e9crivant cette marche po\u00e9tique \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de l&rsquo;histoire d&rsquo;Ha\u00efti, je d\u00e9crivais le drame qui frappe aujourd&rsquo;hui mon pays \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Pr\u00e9monitoire, pour un auteur qui sait dire merci quand il est honor\u00e9 ; qui sait aussi dire <em>non merci<\/em> contre l\u2019amn\u00e9sie. \u00ab Je ne saurais accepter un hommage en tant qu\u2019auteur de <em>Mon pays que voici<\/em>, tant et aussi longtemps que Jean-Claude Duvalier ne sera pas traduit en justice \u00bb, a \u00e9crit le po\u00e8te pour refuser un hommage <em>in abstentia<\/em> du d\u00e9sormais ex-pr\u00e9sident Michel Martelly. Fils de dictateur, tyran lui aussi, Baby Doc passa, finalement, l&rsquo;arme \u00e0 gauche sans jamais \u00eatre inqui\u00e9t\u00e9 par la justice. Et pour cause\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>*Le texte initial a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 le 1er avril 2016 dans Le Nouvelliste<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Note:<\/strong> L&rsquo;\u00e9crivain et po\u00e8te ha\u00eftien, Anthony Phelps, auteur du c\u00e9l\u00e8bre recueil et disque <em>Mon pays que voici<\/em>, a \u00e9t\u00e9 re\u00e7u \u00e0 l\u2019h\u00f4tel de Ville de Montr\u00e9al, en 2016, pour un hommage soutenu. Le pr\u00e9sident du conseil de ville \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, Frantz Benjamin, lui aussi po\u00e8te, a profit\u00e9 de la <em>Journ\u00e9e mondiale de la po\u00e9sie<\/em> pour glorifier, dit-il, \u00ab un homme exceptionnel qui a marqu\u00e9 tant de vies, des Montr\u00e9alais, des Ha\u00eftiens \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le dernier po\u00e8te d\u2019Ha\u00efti litt\u00e9raire s\u2019est \u00e9teint \u00e0 96 ans, dans la nuit du 10 au 11 mars 2025, \u00e0 Montr\u00e9al, \u00ab mais sa lumi\u00e8re persistera par-del\u00e0 les \u00e9ternit\u00e9s \u00bb affirme Marc Exavier. Retour sur la vie et l\u2019\u0153uvre de l\u2019auteur de Mon pays que voici, po\u00e8me-t\u00e9moignage qui a r\u00e9sist\u00e9 au temps. 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