{"id":1087,"date":"2025-02-17T20:16:04","date_gmt":"2025-02-18T01:16:04","guid":{"rendered":"https:\/\/comcestnous.com\/com1\/?p=1087"},"modified":"2025-02-17T20:25:05","modified_gmt":"2025-02-18T01:25:05","slug":"des-artistes-dottawa-gatineau-entre-le-monde-vivant-et-non-vivant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/comcestnous.com\/com1\/courantdart\/des-artistes-dottawa-gatineau-entre-le-monde-vivant-et-non-vivant\/","title":{"rendered":"Des artistes d\u2019Ottawa-Gatineau entre le monde vivant et non-vivant"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Par Max Robenson Vilaire Dortilus et Henri Elph\u00e8ge Quenum<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Dans le cadre d\u2019une d\u00e9marche ethnographique, le groupe \u00ab Voyage sensoriel \u00bb, compos\u00e9 de cinq \u00e9tudiants de l\u2019\u00c9cole de Sociologie et d\u2019Anthropologie de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Ottawa, a explor\u00e9 l\u2019univers d\u2019artistes Ottaviens-Gatinois. Cette initiative a abouti \u00e0 l\u2019exposition \u00ab Connexions Ekphrasis \u00bb, commissari\u00e9e par Max Dortilus et pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 la galerie 115 de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Ottawa du 2 au 6 d\u00e9cembre 2024.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019exposition a mis en lumi\u00e8re les cr\u00e9ations de Joanne Migneault (sculpture), Chantal DesRochers (peinture), Marie-\u00c8ve Brul\u00e9 (dessin), Welongo Ngena (\u00e9criture) et Erica White (tatouage). Les \u0153uvres d\u00e9voilent des trajectoires int\u00e9rieures et des relations singuli\u00e8res avec leur environnement, explorant de nouvelles fa\u00e7ons d\u2019\u00eatre au monde. \u00c0 travers leurs processus cr\u00e9atifs, les artistes partagent leurs pratiques, sensations et \u00e9motions, cr\u00e9ant un dialogue entre art et vie, r\u00e9el et imaginaire. Cette approche ethnographique invite \u00e0 repenser les liens entre cr\u00e9ation artistique et milieu ext\u00e9rieur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019assemblage de ces productions artistiques dans une m\u00eame exposition laisse \u00e9merger des liens visibles et non visibles existant entre des cat\u00e9gories artistiques diff\u00e9rentes. S\u2019y d\u00e9gage la connexion \u00ab <strong>ekphrasis <\/strong>\u00bb qui met en lumi\u00e8re \u00ab la parole issue de l\u2019image : non pas celle que nous pouvons prononcer \u00e0 propos d\u2019elle, mais celle qu\u2019elle nous propose ou sugg\u00e8re elle-m\u00eame \u00bb (Nancy, 2015). Diverses connexions entre le r\u00e9el et le surr\u00e9el apparaissent en effet. La relation entre art et litt\u00e9rature est fortement explor\u00e9e dans la sculpture de <strong>Joanne Migneault (Migno)<\/strong>. Cette derni\u00e8re, \u00e0 partir d\u2019objets assembl\u00e9s, donne naissance \u00e0 des personnages l\u00e9gendaires, comme B\u00e9atrice d\u2019Hirson, la sorci\u00e8re empoisonneuse qui est aussi un personnage important de la s\u00e9rie de romans historiques fran\u00e7ais de Maurice Druon, <em>Les Rois maudits<\/em>. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019\u0153uvre de Migno invite \u00e0 voir au-del\u00e0 du visible et constitue un r\u00e9cit visuel puissant harmonisant r\u00e9el et imaginaire. Elle raconte aussi des histoires intimes de famille comme le visage moul\u00e9 de son p\u00e8re. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Chantal DesRochers<\/strong>, de son c\u00f4t\u00e9, fait le lien entre peinture, \u00e9criture et traditions orales. Elle s\u2019inspire souvent de la po\u00e9sie, des histoires de roman et des traditions orales pour produire son \u0153uvre picturale dans un ton non r\u00e9aliste rassemblant r\u00eave et r\u00e9alit\u00e9 dans un m\u00eame cadre visuel. Sa peinture, marqu\u00e9e par une introspection profonde, invite \u00e0 plonger dans les m\u00e9andres de l\u2019\u00e2me humaine pour en extraire des histoires partageables \u00e0 tous. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Welongo Ngena<\/strong>, pour sa part, choisit les mots pour interroger la notion de pouvoir d\u2019agir face aux contraintes sociales et personnelles. \u00c0 travers des textes \u00e9vocateurs et provocateurs, il met en lumi\u00e8re les m\u00e9canismes de domination et ouvre des voies vers une lib\u00e9ration individuelle, l\u2019acceptation de la diff\u00e9rence pour une soci\u00e9t\u00e9 de tol\u00e9rance mutuelle. Son \u00e9criture, ancr\u00e9e dans la r\u00e9sistance et la transformation, rappelle que les mots peuvent \u00eatre une arme puissante pour retrouver son autonomie et sa voix. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour <strong>Marie-\u00c8ve Brul\u00e9<\/strong>, dessinatrice, l\u2019\u00e9clatement des formes dans sa toile traduit une recherche de connexion avec des milieux divers. Son \u0153uvre explore la tension entre chaos int\u00e9rieur et besoin d\u2019unit\u00e9 ext\u00e9rieure. Elle dessine des formes en d\u00e9ploiement et en devenir pour assembler des morceaux d\u2019exp\u00e9riences humaines et non-humaines. Son art repr\u00e9sente ainsi les mani\u00e8res dont la vuln\u00e9rabilit\u00e9 peut nourrir une force cr\u00e9atrice et peut aussi \u00e9tablir des ponts vers autrui. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Enfin, <strong>Erica White <\/strong>incarne l\u2019art comme th\u00e9rapie \u00e0 travers ses tatouages. Ses cr\u00e9ations, empreintes d\u2019une douceur brute, refl\u00e8tent un processus de gu\u00e9rison o\u00f9 la cr\u00e9ation devient catharsis. En transformant le traumatisme en objet d\u2019art, elle montre que l\u2019art peut \u00eatre un outil de r\u00e9conciliation avec soi-m\u00eame, un chemin vers la r\u00e9silience et l\u2019apaisement int\u00e9rieur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces \u0153uvres artistiques abordent des th\u00e8mes tels que la r\u00e9silience, le pouvoir d\u2019agir et la qu\u00eate de l\u2019autre, s\u2019inscrivant dans l\u2019\u00ab art ethnographique \u00bb tel que d\u00e9fini par Fagnart (2008). Cet art, \u00e0 vis\u00e9e documentaire et r\u00e9flexive, explore l\u2019autre dans son contexte culturel sans ambition utopique. Bas\u00e9 sur l\u2019enqu\u00eate de terrain, il interroge les relations entre art et culture, favorisant un dialogue ouvert et sans pr\u00e9jug\u00e9s entre artistes et interlocuteurs. La communication artistique y joue un r\u00f4le central : un langage sp\u00e9cifique, irr\u00e9ductible \u00e0 la communication linguistique, capable de transmettre des significations et des perspectives locales souvent inaccessibles autrement (Jeudy-Ballini et Derlon, 2017). En d\u00e9passant les simples repr\u00e9sentations, l\u2019art se r\u00e9v\u00e8le un acteur social puissant, porteur de transformations et de nouvelles visions du monde.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Auteurs :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Max Robenson Vilaire Dortilus<\/strong>, doctorant en anthropologie visuelle (Universit\u00e9 d\u2019Ottawa)<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Henri Elph\u00e8ge Quenum<\/strong>, doctorant en anthropologie de la religion (Universit\u00e9 d\u2019Ottawa)<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Max Robenson Vilaire Dortilus et Henri Elph\u00e8ge Quenum Dans le cadre d\u2019une d\u00e9marche ethnographique, le groupe \u00ab Voyage sensoriel \u00bb, compos\u00e9 de cinq \u00e9tudiants de l\u2019\u00c9cole de Sociologie et d\u2019Anthropologie de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Ottawa, a explor\u00e9 l\u2019univers d\u2019artistes Ottaviens-Gatinois. 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